Titre : |
Les Femmes et les enfants d'abord ! : le silence du désir, des émotions, du corps, une communication à inventer |
Type de document : |
texte imprimé |
Auteurs : |
Elena Gianini Belotti, Auteur ; Monique Aymard, Traducteur |
Editeur : |
Paris : Éditions du Seuil |
Année de publication : |
1983 |
Importance : |
222 p. |
Format : |
21 cm |
ISBN/ISSN/EAN : |
2-02-006447-2 |
Prix : |
69 F |
Langues : |
Français (fre) Langues originales : Italien (ita) |
Résumé : |
Dans les livres d'aventure de mon enfance "les femmes et les enfants d'abord !" était l'ordre ultime que criait le capitaine quand le naufrage était imminent. Petite fille et femme à la fois, spectatrice passive des aventures des hommes, je découvrais que leur merveilleux code moral me reconnaissait un droit de priorité pour être sauvée, et qu'il me faisait don de ma survie physique. Je me sentais précieuse, aimée, nécessaire. Des hommes forts et décidés s'effaçaient et subordonnaient leur salut au mien. mais je découvrais aussi que j'étais un instrument indispensable à la continuité de la société des hommes. Je payais par l'infériorité et la soumission : en échange de ma liberté et de mon autonomie, ils m'offraient leur protection et leur tutelle. Si j'avais été forte et libre comme les hommes; j'aurais su me sauver toute seule et décider de moi-même. "Ils " décidaient de ma croissance et de mon devenir, de mes affections et de mon malheur, de mon corps et de ma sexualité, de mon savoir et de mon ignorance, de mes paroles et de mon silence, de ma jeunesse et de ma vieillesse, de la norme et de ses limites, de ma santé et de ma folie.
Je payais. Mais les hommes, eux aussi, payaient pour ma soumission et ils ne le savaient pas.
Il ne peut y avoir de relation authentique entre l'oppresseur et l'opprimé. La disparité de pouvoir tue la confiance, déforme la communication, rend l'amitié impossible. L'amour devient une dangereuse dépendance. la parole sert à cacher, à éluder, à se défendre : on parle de faits, non d'émotions . Les mots que nous voudrions entendre et prononcer, les caresses que nous voudrions oser et recevoir. Comme le désir est grand : mais il s'éteint dans la solitude, différente mais semblable, de l'oppresseur et de l'opprimé, de la victime et du coupable. |
Permalink : |
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Les Femmes et les enfants d'abord ! : le silence du désir, des émotions, du corps, une communication à inventer [texte imprimé] / Elena Gianini Belotti, Auteur ; Monique Aymard, Traducteur . - Paris : Éditions du Seuil, 1983 . - 222 p. ; 21 cm. ISBN : 2-02-006447-2 : 69 F Langues : Français ( fre) Langues originales : Italien ( ita)
Résumé : |
Dans les livres d'aventure de mon enfance "les femmes et les enfants d'abord !" était l'ordre ultime que criait le capitaine quand le naufrage était imminent. Petite fille et femme à la fois, spectatrice passive des aventures des hommes, je découvrais que leur merveilleux code moral me reconnaissait un droit de priorité pour être sauvée, et qu'il me faisait don de ma survie physique. Je me sentais précieuse, aimée, nécessaire. Des hommes forts et décidés s'effaçaient et subordonnaient leur salut au mien. mais je découvrais aussi que j'étais un instrument indispensable à la continuité de la société des hommes. Je payais par l'infériorité et la soumission : en échange de ma liberté et de mon autonomie, ils m'offraient leur protection et leur tutelle. Si j'avais été forte et libre comme les hommes; j'aurais su me sauver toute seule et décider de moi-même. "Ils " décidaient de ma croissance et de mon devenir, de mes affections et de mon malheur, de mon corps et de ma sexualité, de mon savoir et de mon ignorance, de mes paroles et de mon silence, de ma jeunesse et de ma vieillesse, de la norme et de ses limites, de ma santé et de ma folie.
Je payais. Mais les hommes, eux aussi, payaient pour ma soumission et ils ne le savaient pas.
Il ne peut y avoir de relation authentique entre l'oppresseur et l'opprimé. La disparité de pouvoir tue la confiance, déforme la communication, rend l'amitié impossible. L'amour devient une dangereuse dépendance. la parole sert à cacher, à éluder, à se défendre : on parle de faits, non d'émotions . Les mots que nous voudrions entendre et prononcer, les caresses que nous voudrions oser et recevoir. Comme le désir est grand : mais il s'éteint dans la solitude, différente mais semblable, de l'oppresseur et de l'opprimé, de la victime et du coupable. |
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