| Titre : |
Le travail et le temps : horaires, durées, rythmes ; une enquête dans la construction mécanique et électrique de la région parisienne |
| Type de document : |
texte imprimé |
| Auteurs : |
William Grossin (1914-2005), Auteur ; Pierre Naville (1904-1993), Préfacier, etc. |
| Importance : |
248 p. |
| Format : |
23 cm |
| Langues : |
Français (fre) |
| Résumé : |
"le temps est sans doute l'élément le moins bien partagé de l'existence humaine. Son mode est la continuité, fixée pour l'organisme humain entre deux limites : la fécondation et la mort. Les relations sociales et économiques y imposent peu à peu, en deçà de toute transcendance éternelle, des formes particulières qui le morcèlent, le dépècent, l'allongent ou le raccourcissent, le remplissent ou le vident. En fin de compte, le temps devient l'enjeu le plus serré de la vie sociale, pour une raison dont chacun éprouve l'empire sous une forme ou sous un autre : parce qu'il se divise essentiellement, dans nos sociétés, en temps de travail et temps de non-travail.
Les travaux des champs ont été longtemps rythmés, de tradition immémoriale, par la succession et l'alternance des jours et des nuits, des saisons, des variations du climat. Leur accomplissement était à la mesure de la vie de l'homme tout entière et ce que les durées naturelles offraient à la fois de fécondant et de restrictifs. L'industrie a changé tout cela, même dans l'agriculture. Les machines, qui ont permis l'immense développement industriel, fonctionnèrent sur le modèle de l'horloge, dont on peut dire qu'elle fut la machine princeps parce qu'elle permit de découper le temps en parcelles uniformes et d'en contrôler la succession, c'est-à-dire la combinaison.
Les raisons qui déterminent les durées légales et réelles du travail dans nos sociétés sont obscures. A voir les choses de haut il semble que l'homme soit aux prises, à travers les mécanismes de l'utilisation productive du temps, avec ce qui donne un prix véritable à son existence : l'usage libre de son temps. Car ce prix n'est pas atteint, si l'on observe les faits, que moyennant une contrainte sur une partie de ce temps - le temps de travail - qui elle aussi a son prix, mais d'une autre sorte."
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| Permalink : |
https://bi.b-a-m.org/opac_css/index.php?lvl=notice_display&id=11442 |
Le travail et le temps : horaires, durées, rythmes ; une enquête dans la construction mécanique et électrique de la région parisienne [texte imprimé] / William Grossin (1914-2005), Auteur ; Pierre Naville (1904-1993), Préfacier, etc. . - [s.d.] . - 248 p. ; 23 cm. Langues : Français ( fre)
| Résumé : |
"le temps est sans doute l'élément le moins bien partagé de l'existence humaine. Son mode est la continuité, fixée pour l'organisme humain entre deux limites : la fécondation et la mort. Les relations sociales et économiques y imposent peu à peu, en deçà de toute transcendance éternelle, des formes particulières qui le morcèlent, le dépècent, l'allongent ou le raccourcissent, le remplissent ou le vident. En fin de compte, le temps devient l'enjeu le plus serré de la vie sociale, pour une raison dont chacun éprouve l'empire sous une forme ou sous un autre : parce qu'il se divise essentiellement, dans nos sociétés, en temps de travail et temps de non-travail.
Les travaux des champs ont été longtemps rythmés, de tradition immémoriale, par la succession et l'alternance des jours et des nuits, des saisons, des variations du climat. Leur accomplissement était à la mesure de la vie de l'homme tout entière et ce que les durées naturelles offraient à la fois de fécondant et de restrictifs. L'industrie a changé tout cela, même dans l'agriculture. Les machines, qui ont permis l'immense développement industriel, fonctionnèrent sur le modèle de l'horloge, dont on peut dire qu'elle fut la machine princeps parce qu'elle permit de découper le temps en parcelles uniformes et d'en contrôler la succession, c'est-à-dire la combinaison.
Les raisons qui déterminent les durées légales et réelles du travail dans nos sociétés sont obscures. A voir les choses de haut il semble que l'homme soit aux prises, à travers les mécanismes de l'utilisation productive du temps, avec ce qui donne un prix véritable à son existence : l'usage libre de son temps. Car ce prix n'est pas atteint, si l'on observe les faits, que moyennant une contrainte sur une partie de ce temps - le temps de travail - qui elle aussi a son prix, mais d'une autre sorte."
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| Permalink : |
https://bi.b-a-m.org/opac_css/index.php?lvl=notice_display&id=11442 |
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